La serveuse du Grand Café

Ecouter « La serveuse du Grand Café » 

(Pol de Groeve – Christophe Pochon)

Depuis deux jours la rumeur monte
Se répand à vitesse grand V
Pluie fine qui devient sans honte
Un orage prêt à éclater
Depuis deux jours la rumeur monte
« Y ‘a une nouvelle au Grand Café »

Une fleur si jolie
Dans ce vieux boui-boui
T’en crois pas tes yeux
Qu’elle ait du boulot
Dans ce caboulot
Elle mérite mieux
Elle pourrait mazette
Etre de la Jet-set
Au bras d’un rentier
Ou faire des dias
Comme Kate ou Claudia
Pour Jean-Paul Gaultier

Depuis deux jours circule en ville
Un bruit qu’on ne peut arrêter
Comme un virus indélébile
Un guépard fou, un lévrier
Depuis deux jours circule en ville
« Y’a une nouvelle au Grand Café »

Comment vous décrire
Ses yeux, son sourire
Que même la Joconde
En serait jalouse
En choperait le blues
En moins d’une seconde
Des pieds à la nuque
Chacun la reluque
Les vieux, les minets
Mais elle leur pardonne
Moderne Madone
Des estaminets

Depuis deux jours la ville bruisse
D’un secret qu’on a mal gardé
Qu’on a divulgué sans malice
Sans l’faire exprès, sans y penser
Depuis deux jours la ville bruisse
« Y a une nouvelle au Grand Café »

Derrière son comptoir
Elle sert des p’tits noirs
Des blancs, des cocktails
Un Perrier cassis
Deux kirs, trois pastis
Un vrai arc-en-ciel
Elle écoute, ouverte
Des histoires plus vertes
Qu’un diabolo-menthe
Mais elle va rougir
Si pour faire plaisir
Tu la complimentes

Depuis deux jours on s’émerveille
On aspire l’amour à plein nez
On se faxe de bouche à oreille
Une sorte d’e-mail instantané
Depuis deux jours on s’émerveille
« Y’a une nouvelle au Grand Café »

Conscients de leur chance
D’avoir pour pitance
Un divin nectar
Les clients accrocs
Arrivent fort tôt
Repartent très tard
Toute la journée
Ils paient des tournées
En tapant l’carton
Pour la belle en somme
Tout le monde consomme
Sans modération

Depuis deux jours le vent nous chante
Un air pour nous revigorer
Pour pousser au loin la mort lente
Qui envahit notre cité
Depuis deux jours le vent nous chante
« Y’a une nouvelle au Grand Café »

Laisser un commentaire